L'éveil d'Eglantine - Acte I

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L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Mage Univers on Wed Jan 18, 2017 4:21 pm

L’éveil d’Eglantine

Qui est Eglantine ?
Eglantine est une jeune femme qui, par-dessus tout, a bon cœur, qui jamais ne laisserait quelqu’un souffrir si elle peut l'éviter, et sauverait tout homme ou animal qu’elle voit dans le besoin. Elle bande et sauve les animaux sauvages, et considère de la même manière tout individu quel que soit son rang.

En même temps, elle a longtemps été complètement oublieuse de sa propre force, et casse pas mal de ce qui est sur son chemin sans même le remarquer. De même, elle pouvait blesser hommes ou animaux sans même sans rendre compte, par excès d’enthousiasme. A l’heure actuelle, elle se maîtrise, mais dans les moments d’émotion, elle peut s’oublier.

C’est une chasseresse élevée par un nain : elle est la pire chasseresse possible, une force herculéenne, beaucoup de brutalité, et facile à détecter, quand elle n’a que deux en perception. En outre, faire du mal lui fend le cœur, elle se prend très souvent de pitié pour sa cible. Il arrive qu’elle la blesse, et choisisse de la soigner si ça lui fend trop le cœur. Elle ferme les yeux souvent quand elle abat son épée.

Elle rêve de découvrir la vérité sur le décès de son père. Etant enfant, elle l’a un jour retrouvé mâché par son crocodile domestique en revenant d’une de ses ballades. Elle pense qu’il a été attaqué, parce que c’est lui qui le plus souvent contrôlait le croco, il ne lui posait évidemment aucun problème, il était mage.

Elle a une totale ingénuité sur les gens, le concept d’arrière-pensées lui est totalement étranger. Elle a tendance à écouter leurs problèmes, et à montrer beaucoup d’empathie.



La première impression d’Eglantine en s’éveillant fut un profond sentiment de bien-être. Les paupières encore closes, elle était lovée contre le corps nu du géant Elfe, et les peaux de loup qui les couvraient conservaient leur chaleur comme une bulle douce et protectrice. Elle sentait le sexe de l’Elfe entre ses cuisses, celui-là même qui lui avait appris la nuit dernière qu’elle n’avait pas à rester seule au monde, que désormais, elle était le complémentaire inattendu d’un autre être, d’une manière qu’elle n’aurait jamais crue possible. Elle se sentait grandie de l’expérience, plus forte et sereine, et la perspective de retrouver le meurtrier de son père, étrangement, la rongeait moins ce matin.

–  Il m’a dit « je t’aime », murmura-t’elle, en ouvrant les yeux.   

Des doigts et du regard, elle parcourut la peau couturée de cicatrices de l’Elfe, un corps musclé, dur, un corps comme le sien, solide, réel. Sous les cals rugueux de ses mains, la peau mâle était douce, et le contraste physique lui plaisait.

Depuis quelques minutes il faisait moins sombre, une lumière diffuse, hésitante avait commencé à s’installer sous la toile de tente.  Elle repoussa les peaux sur le corps de l’Elfe endormi, attentive à ne pas laisser fuir trop de chaleur, prit ses bottes et sortit à croupetons de la tente, le visage d’abord. La fraicheur matinale la cueillit brusquement sous les rayons d’un soleil au bas de sa course quotidienne,  raffermissant la peau de ses seins, contractant ses muscles jusqu’à ses orteils. Lentement, les pieds vissés sur les galets du sol, raidie par le changement de température, elle s’étira par habitude avant d’enfiler ses bottes et, nue encore, d’aller dérouler sa claymore naine harnachée au flanc d’un Mous Mous endormi hors de ses étoffes. Elle avait à penser.

Le cheval était avec les autres, non loin du feu de camp. La silhouette encapuchonnée d’un de ses compagnons de voyage était assise sur une souche, elle la salua de la tête en passant. Elle appréciait la morsure du froid sur sa peau nue, qui lui rappelait son enfance dans les premiers jours du premier hiver qu’elle avait dû passer sans son père, son premier grand moment de solitude, quand repoussée du village le plus proche, elle avait appris à ne compter que sur elle seule. Elle savourait ce froid comme un froid de renouveau, car cette fois, il signifiait qu’elle avait d’autres épaules que les siennes pour porter son fardeau, sa peine. Ce froid signifiait que de nouveau, elle pouvait accorder sa confiance à d’autres êtres.

Au hasard des esquisses de chemin, ses pied la menèrent jusqu’à la rivière, et ses crabes gris. Elle tenait sa claymore d’une main, par la garde, et la faisait caresser le vent. En marchant nue entre les pierres, les éboulis, et les rares herbes folles, elle se sentait unie avec l’environnement, unie avec le flot cristallin de la rivière, unie avec les premiers pépiements des oiseux, le coassement d’un rare batracien des roches, et les raclements des carapaces sur la berge. Et d’un geste fluide, sous les rayons du soleil, entre la berge et un éboulis caillouteux proche, elle commença ses exercices.

 L’épée, lourde dans sa main, plus lourde qu’une claymore normale, fendait gracieusement le vent. Elle se jetait à droite, à gauche, souplement, coupait de taille et de haut en bas, des bras, des jambes imaginaires, contrait un coup de face d’un arc finissant par couper diagonalement l’adversaire, d’un coup tourbillonnant des bras, rasait le sol et créait autour d’elle un nuage de poussière sèche par la force et la vitesse de son coup, la voilant aux yeux de ses adversaire et lui permettant de se fondre dans le décor pour les trancher un à un. Haletante et victorieuse, les pieds écartés, elle se tenait au centre d’un cercle parfait l’épée tendue, prête à fondre sur tout agresseur, dû-t’il être un spectre, ou le souvenir d’un ennemi tombé revenant la hanter.
Elle se redressa, et le dos droit, s’adressa au calme vivant qui l’environnait :

– J’ai décidé de les aider jusqu’au bout, de capturer le membre renégat de leur ordre. Après quoi, je convaincrais Easar de me suivre et de m’aider à retrouver l’assassin de mon père, puis nous voyagerons, libres, et verrons le monde. Nous irons chez les nains, pour honorer la mémoire de Kilidorf, que j’aimais, et qui m’a tout appris, et transmettre ses dessins à qui les méritera. Nous irons chez les elfes, dans mon peuple, pour qu’ils me reconnaissent comme l’une des leurs. Et nous irons dans le nord, à la rencontre de son peuple à lui !

Elle sourit :
– Et nous serons heureux ensembles !

Les muscles chauffés par leur exercice matinal, elle se retourna, et repartit au camp, sans un regard.
 
[Test de rencontre : 67 ; réussite, mais de très peu xD]

Églantine se retourna donc, s'apprêtant à retourner au camp, et s'arrêta net à la vue d'une silhouette encapuchonnée, assise sur un rocher poli en sa base par l'entrechoquement des galets chariés par la rivière, mais aigu en son sommet. La silhouette en question n'était pas tout à fait assise, mais plutôt accroupie. Des trois compagnons, c'était le plus petit, celui qui ressemblait à quelque chose à mi-chemin entre le rat et le chien. Il regardait Eglantine droit dans les yeux, un sourcil levé, l'autre baissé sur un œil aux paupières plissées. [Test de volonté d'Eglantine "Effort" : Résultat : 24 ; réussite sans marge critique] Le chien-rat [Eglantine ne connait pas la race] semblait arborer un regard à moitié inquiet, à moitié fasciné, saupoudré d'une pointe d'amusement paternel.  En somme, c'était un regard grave. [Je précise que le test de volonté permet à Eglantine de percevoir que ce regard est un regard sérieux ; néanmoins, c'est ton RP qui prend le dessus, elle n'est pas obligée de percevoir toutes les nuances décrites si tu juges sa psychologie trop naïve pour ça.]

Il prit la parole : "Tout cela est un bien beau programme, mademoiselle. Mais j'ai peur que ça ne soit pas possible... La suite des événements a d'ors et déjà changé. Nous n'allons plus faire route ensembles."

Il s'arrêta alors, comme attendant une réaction.

Eglantine, surprise d'être dérangée, et troublée de ce que venait de dire son interlocuteur, fronça les sourcils en sa direction, d'un air mécontent, et tendit son épée vers lui, pour le désigner (juste d'un air inquisiteur), toujours nue, et en bottes : l'image d'une guerrière féroce, et farouche en même temps.

"Dites-moi, vous m'écoutiez, et me regardiez m'échauffer à distance, et sans vous montrer ? Je suis une fille de la campagne" - elle s'arrête pour être sûre de ce qu'elle veut dire, et exprimer clairement sa pensée -  Je suis une fille de la campagne, mais chez nous, nous avons du savoir vivre, et ce que vous avez fait, nous, on appelle ça de l'impolitesse. Vous avez pas vu que je voulais être seule ? Je me moque qu'on me voie nue, au village, tout le monde s'en est toujours moqué [ce sont des morses Indeed ^^] mais ça voulait dire que moi, je voulais un moment personnel. Un moment intime. Vous devriez avoir honte ! "

[Test de charisme avec réserve (+bonus de 3, elle est à poil) ; résultat : 21 ; contre-test de volonté ; résultat : 19]
Le petit homme-chien-rat ne s'attendait visiblement pas à cette réaction, pleine de grâce et de beauté colérique. Il pensait avoir affaire à une enfant, ou en tout cas à quelqu'un ne connaissant que très peu de choses du monde. Inconsciemment, il se demanda si c'était ça une femme. Oui, car il était eunuque. S'il ne ressentait rien de physique devant cette beauté nue, il était dérangé par cette candeur d'enfant, un poil provocateur. En gros, il ne savait plus où se foutre. Sa peau rougit sous son pelage brun grisâtre, ce qui n'était évidemment pas perceptible.

 De plus en plus échauffée, Eglantine ajouta : 
« Et chez nous, en plus du savoir vivre, nous avons l'honneur de la parole donnée. Pour vous, j'ai trompé mon village, pour vous, j'ai saigné, je me suis laissé courser par une meute de loups, contre l'accord de gré à gré que je serai votre guide, parce que ça peut me permettre d'avoir des informations sur quelqu'un que je recherche. Alors, venez pas me dire que vous mettez fin à un contrat payé par le prix du sang ! Même le pire des shmerks (patois local, signifie profiteur, homme louche et à la parole douteuse; en général désignant les marchands de peaux étranger. Quand elle l'emploie, son visage se déforme avec une moue de mépris très, très prononcée) n'oserait pas rompre un contrat comme ça (de toute évidence, elle n'avait pas rencontré les pires des shmerks).
La honte et le déshonneur seraient pires que tout, et je sais que mon Easar mourrait avant, c'est un vrai guerrier. Et il m'aime ! Dit-elle férocement. »
« Alors vous allez m'expliquer tout de suite (l'homme chien doit sentir le souligné, à la manière que les femmes ont de souligner leurs propos quand elles sont mécontentes) en quoi la situation a changé, ou ça va chauffer, et nous allons reconfigurer notre plan d'action ensemble. (c'est une ranger, elle peut parler comme ça). Mais en aucun cas vos ne pouvez mettre fin à notre contrat de cette manière. »

L'homme-chien-rat fronça les sourcils ; de toute évidence, il était perplexe. Il ne montrait cependant aucun signe de peur [parce qu'il est niveau 30 avec 4D en volonté Very Happy]. Il se frotta la barbe avant de répondre : « Vous vous emportez vite. Il faut apprendre à contrôler ses humeurs et laissez votre interlocuteur s'expliquer, avant de vous énerver. La colère n'est pas un défaut si elle maîtrisée. »
Il se sentit satisfait de sa leçon du jour, et continua : "Vous ne m'avez visiblement pas comprise. Ce qui est un fait, c'est que nous n'allons pas continuer à faire route à quatre ; néanmoins, nous allons continuer en deux groupes distincts. Je ne puis vous expliquer toutes les raisons maintenant, nous perdrions du temps. Sachez simplement que votre "amour" a commis une erreur qui doit remonter aux autorités. Et le chef de cette expédition doit s'expliquer devant nos instances, car il est responsable de notre ami l'elfe, jusqu'à que celui-ci ai achevé sa formation. Ce n'est pas cependant la seule raison de notre séparation. Nous avons observé des mouvements de troupe plus au nord de notre situation, troupes dont les feux brillaient dans le brouillard des montagnes lointaines. Les nôtres doivent être prévenus."

Il fit une pause, puis reprit : « Quand à vous et moi ... Et bien, nous allons faire encore route ensembles quelques temps. Nous avons décidé que vous aviez du potentiel, et vous connaissez le pays. Nous partons donc vers le nord, où se dirige aussi notre ennemi, pour la capture duquel nous vous avons recruté. Celui-ci ne s'attend sans doute pas à ce que nous suivions sa piste par delà les montagnes et en direction d'une compagnie en armes. Il est seul, il peut passer inaperçu. a nous quatre, c'est bien plus difficile. Nous l'allons attraper et l'empêcher de nuire à nouveau, et par la même occasion, enquêter sur ses mouvements de troupes au nord. Me suivrez-vous ? »

L'homme-chien-rat s'arrêta et se mit à regarder Eglantine d'un air paisible. Ses yeux étaient presque vides d'expression, il était presque aveugle.

Eglantine, décontenancée, les joues rouges et le corps en sueur dégageant une légère vapeur dans l'air froid du matin, perdit un instant ses mots.

« Pas Easar ? Mais, qu'est-ce que je vais devenir sans lui ? Comment... ? Quoi ? Interdit ? Non ! Non ! Ils veulent nous séparer ! JE leur interdit ! Je leur interdit ! J'irai le sortir de leur sales pattes de prêtres ! Il est à moi ! Ils ne nous sépareront pas ! Oh Easar, où es-tu ? Es-tu déjà parti ? Easar... »

Son visage se tordait peu à peu dans une expression mêlant fureur, horreur, et peur, faisant trembler son épée au bout de sa main. Accablée par la nouvelle, alors que ses genoux tremblent, elle la prit cette fois à deux mains, pour se donner de la force. La pointe tombait peu à peu vers le sol, alors qu'elle sentait des larmes silencieuses rouler sur ses joues. Indifférente à la douleur, elle se laissa tomber à genoux, les deux mains sur la garde de son épée d'obsidienne dont la pointe est désormais à terre, et qu'elle serrait violemment entre ses mains. Le soleil, peu à peu, monte derrière elle. S'il était moins aveugle, le reniflard verrait dans sa beauté guerrière la figure nue d'une déesse au désespoir, agenouillée la tête baissée dans une auréole de lumière, et dont la larme roulant sur la joue capte comme un prisme des rayons de celle-ci un arc-en-ciel minuscule. Qu'un poète à cet instant passât, et son coeur en tomberaît brisé d'adoration.

Mais une pensée fit d'un coup rebondir son coeur si récemment découvert, et si rapidement brisé :
 
« Achevé sa formation ? Mais, alors... Il n'est pas vraiment prêtre ! Il n'est qu'en formation ! C'est possible ! Il faut que je le revoie. »

Le visage ferme et décidé, elle relève d'un seul coup la tête, et regarde l'HCR dans les yeux, comme tentant de lui vriller la tête.  
« Et il a dit, qu'on se sépare pour retrouver celui qu'on poursuit ? Donc en retrouvant l'ennemi, je le retrouve... »

Son visage, d'un coup, devient tendre, puis de nouveau dur, et elle refixe sur l'HCR des yeux partis un instant dans le vague. 

« Il n'a quand même pas l'air bien utile celui-là. Mais faut pas que je me perde, il ne faut pas que j'oublie pourquoi je suis là. Même avant Easar... »

Son visage redevient tendre, affichant un doux sourire passé le temps d'un instant.

« Je suis là pour retrouver l'assassin de mon père. Même si je devait perdre Easar... Non ! Il m'attendra, je le sais. En attendant, à moi de faire croire à celui-là que je peux m'en désintéresser, si je veux le revoir »


Eglantine, lentement, se relève.  Elle tient son épée par la garde, plantée droit devant ses seins, cachant son sexe. Elle a les yeux du métal. Les yeux farouches, décidés. Elle adopte son ton de professionelle :

« Comment est-ce que tu t'appelle ? Je ne connais même pas ton nom. Si nous allons voyager tous les deux, soyons moins formels. Evidemment, j'accepte qu'on voyage ensemble, même si ça me chiffonne que nous nous séparions. Je ne savais pas les devoirs d'Easar. J'ai de la peine à l'idée qu'on ne puisse pas être ensemble, mais si nous nous séparons pour des raisons tactiques, c'est bon. La mission n'a rien à voir avec ce qui s'est passé entre nous. Et s'il refuse par devoir... Je comprends ça. Mais je reste irritée que tout se soit fait de cette manière.  C'est compréhensible, non ? Comme disait mon p'pa, "faut faire les choses avec la manière. » »

Elle pose l'épée sur son épaule, pour sentir le contact rassurant de l'obsidienne caressée par chaleur du soleil naissant, et se dirige vers l'HCR d'un pas assuré. Elle ajoute :

« Mais, dis-moi pour que nous puissions travailler ensemble, tu sais faire quoi ? Dis-moi, en retournant au camp. Je veux m'habiller. »

Son coeur, maintenant, bat la chamade. C'était la première fois qu'elle prenait un ton si décidé, et Eglantine un instant, hésite, puis préfère garder le silence. Rattrapée un instant par la séparation avec Andrea, et sa propre introversion, elle se prend à avoir peur de ne pas être capable de garder le même ton plus tard, de ne pas être prise au sérieux, de ne pas revoir son amant, d'être jetée de la compagnie et de ne pas trouver d'indice sur son père... Et, peu à peu, elle cesse d'écouter les réponses de son compagnon, rattrapée par ses angoisses et ses peurs de jeune femme, se rappelant notemment des refus cuisants et des rires gras des hommes des montagnes qui, parce qu'elle était une fille, ne voulaient pas lui donner de mission... 

L'homme-chien-rat sauta à bas de son rocher et répondit : "Bien. Je suis satisfait que vous vous montriez enfin raisonnable. Rentrons au camp. Les autres sont partis pendant que je venais vous chercher. Il nous reste à replier la tente, qu'il nous ont laissé, et rassembler de quoi manger. Nous prendrons la matinée pour cela ; j'irai pêcher et vous ferez bouillir de l'eau. La route est encore longue il nous faut des provisions. A la suite de cela, nous partirons et alors vous me parlerez de vous. Je désire savoir ce qu'une elfe comme vous fait dans ces contrées sauvages du bord du monde, en compagnie de ces villageois rosmar, d'autant plus que vous paraissez très jeune. Vous m'informerez de la raison de votre présence ici et de vos objectifs, car vous n'avez pas insisté pour nous suivre sans raison. Ensuite, je vous parlerai de moi, dans la mesure où je puis divulguer certaines informations. Apprenez d'ors et déjà que je prénomme Taupi et c'est ainsi que vous m'appellerez. Allons. Habillez-vous et allez chercher de l'eau. Je prépare la ligne pour la pêche."

Tout en parlant, le dénommé Taupi était revenu au campement en compagnie d'Adelheid. Il commença à s'affairer dans les environs d'un monceau de bagages qui semblait être le sien. Les deux autres étaient déjà parti, le camp semblait vide.

Eglantine reste silencieuse le temps de cette conversation monologuée, se contentant d'aquiescer de la tête, toujours troublée. Laissant son nouveau compagnon à son activité fourrageuse, elle entreprit sa toilette matinale avec l'eau d'une gourde (se frottant le corps et les parties intimes avec un savon à la graisse de phoque), retrouvant par ces gestes quotidiens la quiétude qui lui faisait défaut. Suite à quoi elle s'habilla, harnacha son cheval, prête à partir, attisa le feu pour faire renaître un foyer des cendres, alla chercher de l'eau et la mit à chauffer [dans une casserole que je suppose que Taupi lui a refilé]. Le temps de l'ébullition, elle resta accroupie devant la casserole, à regarder [la pauvre chose] Taupi s'activer. En moins de dix minutes, elle était prête...
Avant de lui servir un laconique : 
« Taupi, l'eau est bouillante, pour quoi était-ce ? On ne cuit pas des poissons dans de l'eau bouillante. »

Taupi : "En effet. On bout l'eau pour s'assurer qu'elle soit potable, non pour les poissons. Pour ces derniers, j'avais plutôt pensé à cela."

Et l'homme-chien-machin-chose montre à Eglantine un grand sac de mauvais cuir qui se ferme par une cordelette. Il l'ouvrit et commença à y fourrer de la neige et quelques pains de glace qu'il confectionna en brisant de petites stalagmites qui se forment sur les rochers saillants de la rivière.

Puis, il annonça : "Je pars à la pêche."

Eglantine : "Très bien" 

Eglantine, d'abord ennuyée par l'égale bonhomie de Taupi, resta murée dans son silence le temps que son compagnon soit presque hors de vue. Regardant dans sa direction, elle poussa alors un gros soupir, se releva, et se dirigea vers son cheval, qui brouttait des herbes rases quelque part. 

« Mouss-mouss, je crois que j'ai été impolie à son égard. Il a l'air d'être une bonne personne, et il n'est pour rien dans l'attitude d'Easar envers moi. Je ne dois pas lui en tenir rigueur, et faire la tête. »

Prenant un air buté, elle ajouta:
Et si Easar décide de ne pas me revoir, j'irai le voir directement! 

Le cheval : « Huuiiiii brrru »

« Peux-tu garder nos affaires, s'il te plaît? Je vais aller m'excuser »

Eglantine regarde le cheval pour voir s'il comprend, et lui fait un gros câlin, prenant son cou dans ses bras. Flattant son encolure, elle se retourne, fait jouer son épée au-dessus de son dos, soufle, et se dirige d'un pas décidé dans la même direction que Taupi. Elle s'engage dans le sous-bois où elle le vit disparaître, et tente de repérer ses traces ainsi que le son de la rivière pour se diriger.
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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Coco Kokor on Thu Jan 19, 2017 9:06 am

Entrée dans le bois, elle fait quelques pas avant de percevoir le son de la rivière [si le MJ m’y autorise]. Elle confirme la direction de Taupi en découvrant au sol les traces de pas caractéristiques d’un aveugle, c'est-à-dire un pas lourd, et court, et suit son cheminement. Chemin faisant, elle note autour d’elle les détails caractérisant les infimes variations saisonnières, l’élasticité du sol, le degré de gel sur les troncs et branches des arbres, l’humidité de l’air. Levant les yeux, elle tente aussi de percevoir le temps pour ce jour et les prochains au travers des branches nues de la canopée hivernale, de manière à anticiper les variations météorologiques. [usage d’un dé de réserve]

« La chasse va être longue, autant bien se préparer »

Suite à quoi, elle commence à se remémorer le terrain dans la direction prise par leur cible, en prévision d’une discussion à ce propos avec Taupi [usage d’un dé de réserve, pour la perception générale du terrain, de ses dangers, et des chemins possibles qui permettraient d’avancer plus vite que la cible.]. En marchant, par habitude, elle jette en même temps un regard aux alentours pour voir si certaines plantes ne peuvent pas ou être comestibles, ou servir pour des soins. Connaissant le milieu, elle regarde d’abord où elle s’attend les trouver, mais sans négliger de faire une observation plus générale.

Le son de la rivière s’accroit, la forêt s’ouvre, et elle finit par rejoindre Taupi en bord de berge. Elle l’observe un peu en retrait, puis s’approche de lui et lui dit :

« Monsieur Taupi, je suis désolée de m’être emportée tout à l’heure, je pense que j’ai manqué de politesse à votre égard. Mes sentiments pour Easar m’ont fait oublier notre objectif, et je voulais vous dire, c’est un plaisir d’être votre compagnon pour cette chasse. J’espère qu’on va bien s’entendre. »



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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Mage Univers on Mon Feb 13, 2017 11:04 am

[conditions météo : test de perception avec réserve, compétence campement ; 3D+3 ; résultat : 8 (pffrt ^^)]
Eglantine se rendit compte assez rapidement que, tout miro qu'il était, l'autre Taupi n'était pas si aisé à retrouver. Elle parvint finalement à mettre la main dessus, mais sans se concentrer suffisamment sur les éléments météorologiques environnants pour en faire une analyse satisfaisante.

[repérage du chemin ; test de perception avec réserve + campement ; 3D+3 ; résultat : 21 (c'est mieux^^)]
Si le temps ne lui semblait pas clair, Eglantine parvint néanmoins à établir mentalement un plan de route peu précis pour l'instant, mais suffisant pour reprendre la chasse. Elle retrouva la piste de leur cible dans un buisson de baies comestibles qui avait partiellement fourragé par un étranger ; en effet, la personne avait pris quelques baies plutôt exposées au vent, ce qui les rendait moins propres à la consommation, une erreur qu'un local ne ferait pas.

Eglantine : « Monsieur Taupi, je suis désolée de m’être emportée tout à l’heure, je pense que j’ai manqué de politesse à votre égard. Mes sentiments pour Easar m’ont fait oublier notre objectif, et je voulais vous dire, c’est un plaisir d’être votre compagnon pour cette chasse. J’espère qu’on va bien s’entendre. »
Taupi : "Il n'y a pas de raison, je suis quelqu'un de facile à vivre et peu regardant sur les choses de la vie sociale." Il gloussa pour ponctuer la fin de cette phrase. "Pour ce qui est d'Easar, les choses ne vont pas s'arranger en un jour. Pour l'heure, nous préparons la chasse, nous discuterons de ces choses autour du feu de camp ce soir, cela te convient ?"
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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Coco Kokor on Mon Feb 13, 2017 2:15 pm

Notant le tutoiement, Eglantine lui répondit :

« Oui, ça me convient. Dans ce cas, continuons vers notre cible. J’ai trouvé sa trace pas très loin. Je te propose que nous chevauchions dès que nous aurons rassemblé suffisamment de réserves. »

Après cet échange plus cordial, Eglantine s’intéressa à la technique de pêche de Taupi, curieuse de voir comment un aveugle pouvait réussir à se placer opportunément. Connaissant bien les rivières de la région, elle savait qu’il s’y pêchait des poissons vigoureux de type truite ou brochet et, pour le rejoindre, elle commença par chercher de quoi se faire une canne à pêche adaptée à ces poissons. Elle cherchait une branche d’aulne près de la berge, et pour le fil, des lamelles d’écorce de bouleau soigneusement détachées au couteau, qu’elle désirait tresser pour le rendre plus solide.  [test de perception : 2D+3+5=19+8=27]. Elle trouva une très belle branche d’aulne, bien souple, et un bouleau particulièrement lisse, duquel elle obtint 21 lamelles, dont elle entreprit de tresser trois entre elles, et trois nouvelles pour un fil de réserve. Entaillant la branche à son sommet pour insérer le fil de manière à allier souplesse, solidité, et pouvoir facilement enrouler le fil, elle finit rapidement sa nouvelle canne à pêche. Et pour le crochet, elle sortit l’un de ses clous de sa besace, et le courba [3D précision pour faire la canne,+réserve+3=28]. Elle obtint une canne  de d’excellente facture, de type canne courte de 1,5m pour une pêche « au jeté », idéale pour juguler la puissance des carnassiers. Suite à quoi, elle entreprit de rapidement déterrer des très gros vers, et divers gros insectes, pour s’en servir d’appâts.

Soucieuse de passer le moins de temps possible à pêcher, elle jeta un coup d’œil de côté à Taupi, immobile à attendre les poissons, et vit que le type de pêche adapté pour celui-ci était clairement de la pêche « au posé ». En en conséquence, elle sut quel type de proie, et d’appât était nécessaire pour lui permettre de trouver du poisson.

Elle le rejoignit, et lui dit :

« Taupi, je pense que si tu te décales plus vers ta gauche, tu pourras attraper plus facilement des carpes ou des truites. J’ai des appâts, si tu veux. »

Suite à quoi, elle lui donna des petits vers sélectionné spécialement pour lui, accrocha un de ses gros vers sur sa canne, et en marchant le long de la berge, entreprit de jeter à l’eau régulièrement son mouvant appât dans les coins ou elle pense, se tapissent les prédateurs. [3D+1DR+3=26, j’ai choisi dextérité, je pense que la pêche relève de cette carac, détrompe-moi sinon] [dis-moi combien je sors de poissons, et si mes conseils ont marché pour Taupi, il gagne +3 parce que je lui ai expliqué comment pêcher]

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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Mage Univers on Mon Feb 13, 2017 6:39 pm

[Alors, ce n'est pas dextérité, mais adresse. Effectivement, c'est le bon choix. Pour ce qui est de la confection d'objets comme une canne à pêche, néanmoins, c'est soit artisanat, soit touche-à-tout. Tu n'as aucune de ces deux compétences aussi tu ne peux que réaliser un objet primitif, ce qui est fait, grâce à un bon test.]

Taupi suivit les conseils d'Eglantine.

A eux deux, en silence, il parvinrent à pêcher un brochet et deux truites, avant que le soleil ne soit à son zénith.

Taupi affirma alors : "Bien, voici de quoi tenir un jour ou deux. Il est temps de nous mettre en route."
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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Coco Kokor on Sun Feb 19, 2017 7:25 pm

Eglantine stretched her back after they reached the count of three, seeing the size of their catches.

Then, Taupi said: “Very good, we have now enough to eat for one to two days. It is time to go.”

Then again, Eglantine looked at the sky, to be able to set up the best road ahead. [2D+R+3=22  as in the “en plein air” ability, the character has a bonus of 5 if he looks for something in the territory he knows, I considered that the weather is among the things he is likely to know. Tell me if I am wrong].

Not burdened this time by the necessity to find Taupi, she at last could understand the changing weather, and answered :

“Yes Taupi, it is time to go.” She then smiled, and added:

“Though, we won’t go by the primarily anticipated route.”

She pointed out a group of grouses flying to trees uphill.

“Do you see them? Even though it is sunny for now, in two hours or so dark clouds will come from the west, and it will begin to rain until the temperature comes down for the night. Then it will snow. The path here is near rivers, and with the hills, water will accumulate in the lower parts, melt the snow and soak the ground. Then it will more uneven, and will freeze. In the forest, there is less snow and more ice, which will be very difficult for horses and men. So the man we follow will have a very, very hard time. I suggest we go parallel and mid-hill near the edge of the forest, we will benefit from the dryer terrain and gain hours on him.”

Then she added, but with a saddened smile: “Moreover, his horse will tire a lot. If he is unlucky, it can refuse to obey…” she paused, with a pained expression, then finished “… or the poor thing will break its leg on the iced terrain.”

Coco Kokor

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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Mage Univers on Mon Feb 27, 2017 9:12 am

Taupi, picking up his stuff, said : "Well. In fact, I'm not sure the guy we're looking for is riding a horse. I think he's like us, on foot. Let's go."


A moment after, the two new companions were on the road. Eglantine was leading, because she knew more about the surrounding territories. The first hours of walk, they used the discreet trails the Walrusers created for years in the froezn landscape, before changing their direction.
Eglantine saw some track from the guy they were looking for, turning off in a hillside dark wood. After a few minutes in that woods, Eglantine noticed that there were another tracks, not from the guy.
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Re: L'éveil d'Eglantine - Acte I

Post by Coco Kokor on Mon Feb 27, 2017 1:16 pm

Taupi, picking up his stuff, said: “well. In fact, I’m not sure the guy we’re looking for is riding a horse. I think he’s like us, on foot. Let’s go.”

As they left, Eglantine first lead the way, walking a few minutes her horse by the reins, gently stroking Mouss-Mouss’ face at regular intervals until she found a Walruser walking trail along the forest’s edge. She then proposed Taupi to ride behind her, assuring him that they would keep a moderate speed until he felt comfortable.

After a few hours of alternating walk and trot to preserve the strength of her horse, trying to remain protected from the cold rain by choosing pathways where she knew would be firs [sapin] rather than naked branches leaf trees, she turned off the track when she estimated that they might lose the trace of the man. The snow had begun to fall, and she notified Taupi that it was time for now to jump off the horse. Leading them further down to the valley, she found the initial track that they had planned to use and, incidentally, the trace of their prey.

After reading the signs in the mud [2D+R+3=18], she told Taupi:

“I found him, he is going in this direction” [I guess he doesn’t have a horse? I would like to know what I read in the track, about the way he walks, his height, if he walks heavily or not, and what time we gained on him]

She pointed out a dark, low and dense wood made of a mix of firs, high cedars, and cypress.

“We call it, the wood of the Broken Horse, for once as the story says, a local woodcutter had to leave his horse to die there as it broke its legs in a hole, but it came back alone fine a few days later. I dunno its real name on the map, it’s what we call it around here. People say that it it’s sprite country [pays de lutins], where strange things happen. I never saw anything, but it is true that I never spent a long time in these woods.”

They followed their target on the horse at walk pace, Eglantine leading Mouss Mouss to walk in safe areas, until she saw another track join it. [2D+3= 17 => what does she read?]

Coco Kokor

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