Livre 01 : Grufut le tatoué - Chapitre 01 : La Gorge - Paragraphe 01 : Le bouc, le loup et le sifflant

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Livre 01 : Grufut le tatoué - Chapitre 01 : La Gorge - Paragraphe 01 : Le bouc, le loup et le sifflant

Post by Mage Univers on Wed Nov 02, 2016 9:48 am

[justify]Grufut Croimp était arrivé à la Gorge il y a quelques temps déjà. Ogrenain de son état, c'était rare que quelqu'un de son acabit moisisse dans cette prison qui était plutôt réservés aux ennemis de la race ogrine, c'est-à-dire aux autres espèces. Habituellement, lorsqu'on appartenait à ce genre supérieur, on était condamné à mort pour une faute. Là, Grufut avait eu le droit à la Gorge, et c'était bien pire que la mort.

La Gorge était de ces gouffres qui ne vomissent pas ; une fois qu'elle avait attrapé une proie, pas moyen pour celle-ci d'en sortir, pas moyen d'en réchapper. Grufut avait entendu de voix de compagnons de misère, de bagnards comme lui, qu'un seul prisonnier avait réussi à s'échapper, le matricule 120309, et cette histoire était racontée par les vieux qui veulent faire les intéressants, alors il y avait de quoi en douter. Car la Gorge est de ces endroits qui rend fou.

Et oui, la Gorge était un bagne. L'on y travaillait, et durement. La vie était presque aussi rude que les haillons de toile brute que les pensionnaires portaient sur eux, toute la journée. Il y avait la salle d'eau, qui permettait de se laver, deux fois par semaine, et qui était une grande salle carrée où l'on entassait les prisonniers avant d'ouvrir en grand les vannes. On en ressortait propre, mais c'était un coup à vous filer une peur bleue de la flotte. C'était sans doute voulu, la Gorge était une île. En tout cas, c'est ce qu'il se disait, vu que personne n'avait jamais mis un oeil dehors. Certains qui habitaient au niveau des miroirs racontaient qu'on entendait le bruit des vagues les jours de grand vent, ce qui laissait penser qu'il y avait la mer. Et une prison au bord de la mer, c'est une île, c'est forcé.

A propos de forcé, le travail l'était. Quand on ne prenait pas la salle d'eau, et pour ceux des nouveaux arrivants qui réchappaient au mouvement de foule qui résultait de l'ouverture des vannes, la première fois, on travaillait. Grufut avait commencé par travailler dans les mines souterraines, dans les tunnels du puits, en habitant dans une petite cellule noire et humide. Mais comme on avait repéré son naturel adroit, il était vite monté dans les tours, pour servir à l'éclairage du puits, en orientant les miroirs. Il ne s'en portait pas mal. Personne ne s'expliquait ça, mais Grufut semblait parfois légèrement mieux traité que les autres prisonniers de son aile.

Il n'y avait que la nourriture qui péchait. Une sombre bouillie et un morceau de pain rassis, avec parfois un morceau de viande dont il ne valait mieux pas se demander d'où il venait. La plupart des gnomoïdes laissaient la viande de côté, ou la donnait aux orcs et autres espèces cannibales. Ceux des gnomoïdes qui avaient décidé de la manger quand même devenaient souvent fous, assez rapidement, et rejoignait les rangs des Chiens.


Grufut ne savait plus exactement quand il était arrivé. Il ne se souvenait que de deux choses : le Loup et le Sifflant. Le Loup était un nain, arrivé en même temps que Grufut, et à qui Grufut s'était accroché pendant le mouvement de panique à l'arrivée à la Gorge, au passage dans la salle d'eau. Depuis, ils étaient restés amis. Ils ne parlaient pas la même langue, mais se comprenaient plus ou moins. D'ailleurs, à propos de langue, Grufut n'avait pas de mal à se faire comprendre, car beaucoup de prisonniers baragouinaient un peu l'Ogre, comme souvent une victime s'attache à se faire comprendre de son bourreau.
Le Sifflant, quant à lui, était un nom qui avait sifflé aux oreilles des pensionnaires quelques temps après. On disait que c'était le nouveau Directeur de la prison, qui se faisait appeler (ce fait était relayé par la garde) l'"Hôte de ces Messieurs". On ne savait pas exactement à quelle date le Sifflant était arrivé, sans doute un peu après Grufut, car le temps que tout cela s'ébruite, Grufut devait être là depuis un ou deux mois.

Grufut s'était renseigné une fois aux Marchands de sable, les gens spécialisés dans le marché noir, le camouflage de suicide et les informations de dossier, pour savoir un peu quand il était arrivé là, et ce qui l'avait fait amener ici, mais rien. Personne des gardes corrompus n'était tombé sur quelque renseignement que ce soit sur le dossier de Grufut.

Du coup, la survie continuait, tant bien que mal. Grufut avait un ami, il avait aussi un ennemi : Pogrom, l'orc noir. Cette sale engeance vivait dans la même aile et avait une petite bande de compagnons, qui maltraitaient autant que faire ce peut Grufut et ses copains.
Il ne fallait pas trop en vouloir à l'orc noir ; il s'était aperçu que Grufut était mieux traité, il tâchait de rétablir l'équilibre, par souci de justice après tout.
C'est de la bouche de Pogrom, un soir où Grufut écoutait aux barreaux, qu'il avait  appris que dans quelque temps aurait lieu la venue des Hommes en Noir. Cela s'était ébruité et depuis, il y avait comme un vent de liberté qui soufflait à travers les âpres barreaux de cette prison sans espoir...

Il ne fallu pas longtemps à Grufut pour mettre de côté toutes ses petites économies : des miroirs cassés, des pièces de change, quelques boulons, sa dague rouillée et autres pièces de ferraille et une modique somme de 2 écus qu'il avait ramassé par hasard dans les tunnels...

  Il n'était pas simple d'avoir des informations dans ce lieu où l'ombre et la violence sont le maître mot... Chacun avait un rôle, et Grufut était assez rusé pour déterminer le rôle de chacun. Ainsi, il avait appris à ne pas croiser certaines personnes, à emprunté les tunnels sans danger et aussi à faire son métier sans se faire trop remarquer.

  Cependant, il n'arrivait jamais à éviter cet orc... Il était plutôt malin, du moins, c'est ce que pensait l'ogre nain... Il était toujours là où Grufut ne l'attendait pas, et toujours à ses dépends d'ailleurs... Alors, aujourd'hui, avec son ami le Loup, ils mirent au point un itinéraire pour voir les hommes en noir, sans se faire prendre par les hommes de Pogrom ou Pogrom lui même.

[Compétence campement, test d'intelligence : 29 + 2 = 31 avec deux 0 (j'imagine le plan comme plutôt bon ^^)]

Pogrom avait beau ne pas être très intelligent, sa survie dans la Gorge avait fait de lui quelqu'un de charismatique et malin. Grufut savait tout cela car il avait été de nombreuses fois victime d'assauts aussi bien physiques que mentaux par les fidèles de cet orc.

  Cependant, Grufut avait remarqué quelque chose. Si à chaque fois les hommes de Pogrom avaient su le trouver dans ce labyrinthe ce n'est pas parce qu'ils étaient nombreux, ou qu'ils avaient de la chance, mais parce que Pogrom avait ses plans. Non, non pas des plans de la prison, mais des combines, des "stratégies".
Ainsi, notre ogre nain en était venu à la conclusion que Pogrom le trouvait grâce au miroir, le seul outils que Grufut manipule dans la journée.

  Voici donc son plan : Grufut avait prévu de tromper son adversaire. Soucieux de vouloir rencontrer les marchands de sable pour la première fois, il avait mis en place un jeu de miroir, un trompe l'oeil. Jouant sur l'inclinaison de ces derniers, il avait pour but de perdre son adversaire dans les méandres des corridors pendant qu'il utilisait un chemin qui l'amènerait tranquillement vers son objectif.

  La dernière partie du plan était simple, Le Loup, déjà sur le lieu de rencontre depuis longtemps aurait pour tâche d'occuper les hommes de Pogrom prêt des marchands de sable pour permettre à Grufut de passer sans encombre.
Le nain aurait pour seul tâche de ramener tout ce petit monde dans les corridors pour qu'ils s'y perdent également pendant que le Loup en ressortirait tranquillement en suivant un chemin prévu à l'avance par Grufut.

Son plan ourdi et réglé au millimètre, Grufut s'apprêtait donc à passer une nuit agréable, tant il était satisfait de lui-même. Par acquis de conscience, il alla vérifier que le Loup était bien parti plus tôt, dans la soirée, pour se positionner pour le lendemain, en prenant des lambeaux de toile pour se couvrir et pouvoir tout de même dormir un peu.

Son compagnon parti, il s'allongea sur la dure planche qui lui servait de couche, planche qu'il avait l'honneur de ne partager qu'avec lui-même, car Grufut était quelqu'un de respecté par ses "pairs". Il reçut, à sa planche, sa "cour", tout un ensemble de bagnard ou de prisonniers plus frèles qui s'était attachés à Grufut selon les règles du clientélisme qui régnait à la Gorge, dans l'ordre régi par les intrigues au sein de cette même cour, où chacun tachait de discréditer l'autre pour avoir le droit de se précipiter le premier devant son "mécène".
ce soir là, deux humains avaient échangés de place, et il sembla à Grufut que celui qui avait été rétrogradé d'un rang (un dénommé Cult, sombre personnage timide et névrotique, qui était connu comme tueur de femmes), semblait plus introverti qu'à l'accoutumé, tandis que l'autre, Ermecios, un humain grand et malingre, au regard et au teint verdâtres (ou jaunâtre, ça dépendait de la luminosité), bombait le torse.

Grufut se dirigea alors vers Ermecios faisant le fier. Il n'était pas de coutume qu'il fasse régner la terreur dans ses "rangs" mais Grufut était à la base quelqu'un de bon. Depuis le temps passé dans ces souterrains, à côtoyer de nombreux individus plus que mauvais, il s'était habitué à la dure loi du bagne. Mais plus encore, il y apporta quelque chose de nouveau : la compassion.

  En effet, si la violence est une force de poids à la Gorge, la compassion est une arme d'autant plus mortelle. Grufut s'est fait beaucoup d'ami comme cela. Mais il y a un revers à la médaille : dans un milieu aussi sinistre, incarner la bonté sert aussi à s'attirer des ennemis, il le chemin à suivre est bien plus compliqué. Mais notre petit ogre ne s'en sortait pas trop mal jusqu'à lors. Arrivé donc au pied de l'humain, il lui dit :

"Ermocios, qu'est-ce que c'est que ça ? Tu n'as jamais appris à t'attirer les faveurs de quelqu'un autrement qu'en frappant sur les autres ?"

  Grufut impressionnait aussi par son franc parler. Du moins dans sa propre cours, parce que ce trait agaçait souvent ses ennemis. Il ajouta à sa remarque un petit pique veillant à faire taire l'humain pour éviter d’attiser la haine entre ses compagnons.

"En plus en te faisant remarquer comme ça, Pogrom pourrait croire que tu essais de lui faire de l'ombre. Et l'ork noir n'aime pas ça..."

[test de charisme mêlé à l'intimidation (gueuserie) et les peurs au sein de la prison : 3D +4 de compétence. Résultat : 16]
[Décris moi ça réaction, si ça marche, j'aimerai faire un discours à mes bagnards Razz]

[test de charisme ; résultat : 16 ; contre-test d'Ermecios ; 3D ; résultat : 17 (ahah)]

L'humain ne s'attendait visiblement pas  à une franche attaque de ce genre, Grufut s'informant des changements plutôt en off que lors des hommages quotidiens. Il haussa les sourcils et bomba le torse une fois de plus, en rétorquant à son mentor, non sans un certain aplomb :
"Et tu ne nous as pas habitué à t'adresser ainsi à ceux qui te sont fidèles Grufut."

Un ou deux bagnards de fin de file, moins fidèles et plus nouveaux, ricanèrent.

Ermecios n'était cependant pas connu pour sa finesse, ni sa capacité à lire dans l'esprit des autres. [Il lance donc un test d'intelligence ; résultat : 15 ; réussite (Grufut n'a pas de bol)]
"Et c'est peut-être bien en qualité de garde du corps que j'ai gagné une place."
Il mis alors sa main sur l'épaule d'un sordide gobelin qui occupait la place avant lui dans la file.
Grufut ne s'attendait pas à cette réaction. Mais il ne se laissa pas démonter pour autant. Il était plutôt bon perdant, et bien qu'Ermecios ne soit pas un homme fin, il était plutôt fidèle et quelque peu utile, notamment par ses atouts musculaires. Avant même qu'il ne termine son geste envers le gobelin, Grufut l'arrêta, pas en l'attrapant par le bras, seulement en l'interpellant de nouveau :

"Hep ! Tu s'rais pas fier de ta condition des fois ? En tout cas, si tu penses en être capable, et puisque tu as l'air d'être sûr de toi, d'accord Ermecios, tu seras mon bras droit."

  Grufut le jaugea alors pour voir sa réaction. Les bagnards étaient, pour la plupart, des durs. Peu d'entre eux ici avait commis des bassesses acceptables aux yeux d'un seigneur. Cependant, le pouvoir reste le pouvoir, et y être confronté de pleine face comme ça pouvait soit effrayer, soit donner une force incommensurable. C'était là le but recherché. Ce genre de remarque ne pouvait que renforcer la loyauté de l'individu.

[Dis moi si je dois lancer un test ^^]
[Grufut reste droit dans ses bottes quand il dit ça ! Il prend pas une posture de soumis, je tiens à le préciser]
[/justify]
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